Une séance de méditation de 20 minutes se déroule en cinq temps : l’attention au corps, le souffle, le détachement des pensées, la conscience ouverte, puis le retour au quotidien. Le psychiatre Christophe André, qui exerce à l’hôpital Sainte-Anne, les enchaîne dans ses séances guidées. Vous pouvez les suivre avec son audio ou seul, grâce au déroulé ci-dessous.
L'essentiel à retenir
20 minutes = 5 étapes, un seul point d'ancrage
01
Une posture stable
Dos droit et détendu, au sol ou sur chaise.
02
Des pensées bienvenues
Les observer puis revenir au souffle n'est pas un échec.
03
Une progression douce
Passez de 3 à 20 minutes en quelques semaines.
Le conseilRégler un minuteur vous évite de surveiller l’heure pendant la séance.
Comment se déroule une séance de méditation guidée de 20 minutes, étape par étape ?
Chaque phase déplace l’attention d’un point d’appui à un autre, du plus concret (le corps) au plus ouvert (la conscience de tout ce qui surgit). Lancez un audio guidé ou réglez un minuteur, puis suivez ce tableau.
| Étape | Durée | Objectif |
|---|---|---|
| Conscience du corps | 4 min | Poser l’attention sur les sensations |
| Souffle | 5 min | Trouver un point d’ancrage |
| Pensées | 5 min | Les observer sans les suivre |
| Conscience ouverte | 4 min | Accueillir sons, sensations, émotions |
| Retour | 2 min | Revenir en douceur |
Prendre conscience du corps (4 min)
Fermez les yeux ou baissez le regard. Parcourez le corps lentement, des pieds jusqu’au sommet du crâne, en notant seulement ce qui est là : le contact des jambes avec le sol, le poids des mains, la tension des épaules, la mâchoire. Inutile de corriger quoi que ce soit. Cette étape vous sort de la tête et vous ramène dans l’instant présent.
Suivre sa respiration (5 min)
Choisissez l’endroit où vous sentez le mieux le souffle : narines, thorax ou ventre. Suivez l’air qui entre, la brève pause, l’air qui sort. Ne cherchez pas à respirer autrement. Ce point d’ancrage servira de refuge pendant tout le reste de la séance, chaque fois que l’esprit s’égarera.
Se détacher des pensées (5 min)
Laissez maintenant les pensées apparaître. Considérez-les comme des nuages qui traversent le ciel : vous les voyez passer, vous ne montez pas dedans. Une idée vous emporte ? Notez-le intérieurement, sans reproche, et revenez au souffle. Ce va-et-vient, répété des dizaines de fois, constitue l’entraînement lui-même.
Ouvrir la conscience à tout ce qui se présente (4 min)
Lâchez l’ancrage sur le souffle et élargissez l’attention : bruits de la pièce, sensations du corps, humeur du moment, pensées. Rien n’est à écarter, rien n’est à retenir. Si l’esprit s’agite, revenez quelques respirations au souffle, puis rouvrez le champ. Cette étape se montre plus exigeante : elle se goûte mieux après quelques semaines de pratique.
Terminer en douceur (2 min)
Ramenez l’attention au souffle, puis au corps entier. Bougez les doigts, les épaules, étirez-vous si besoin, et ouvrez les yeux sans hâte. Gardez quelques secondes d’immobilité avant de vous lever. Prendre ce temps de transition permet d’emporter le calme dans la suite de votre journée.
La séance guidée en vidéo
Vidéo : Une bulle de sérénité – Séance de méditation guidée avec Christophe André (MentorShow)
Quand on médite, on pense à quoi et que faire de ses pensées ?
À tout et à n’importe quoi : la liste de courses, une conversation de la veille, une inquiétude pour demain. C’est normal, et cela arrive aux pratiquants les plus aguerris. Méditer ne consiste pas à vider son esprit, mais à changer de relation avec ce qui l’occupe.
Le geste utile tient en trois temps : remarquer que vous êtes parti, nommer simplement « pensée », revenir au souffle ou aux sensations du corps. Chaque retour compte comme une répétition réussie, pas comme un raté. Cette capacité à revenir est justement ce que vous entraînez.
Si des ruminations ou de l’anxiété s’installent, évitez de les combattre. Portez l’attention sur un appui physique, par exemple la plante des pieds ou les mains posées sur les cuisses, et laissez le flot de pensées s’user de lui-même. Vous n’avez pas à résoudre le problème pendant la séance.
Comment s’asseoir pour méditer : quelle posture, avec ou sans banc de méditation ?
La posture assise n’est pas un détail : elle soutient l’éveil de l’attention tout en laissant le corps détendu. Visez un dos droit sans raideur, comme si un fil tirait doucement le sommet du crâne vers le haut. Les épaules restent relâchées, le menton légèrement rentré.
Sur une chaise, asseyez-vous en avant du siège, les pieds à plat, le dos libre du dossier. Au sol, un coussin de méditation surélève le bassin, ce qui facilite l’alignement du dos et soulage les genoux. Le banc de méditation, où l’on s’installe à genoux, convient à ceux qui ne tiennent pas longtemps en tailleur. Ce matériel reste utile, jamais indispensable : une chaise suffit pour une séance de 20 minutes.
Posez les mains sur les cuisses ou l’une dans l’autre, fermez les yeux ou fixez un point au sol à un mètre devant vous. Choisissez une pièce calme, coupez les notifications. Si une gêne apparaît, ajustez votre position une fois, lentement, plutôt que de subir.

Comment passer de 3 à 20 minutes de méditation sans se décourager ?
Ne visez pas 20 minutes dès la première semaine. Les courtes séances d’un exercice ciblé (3 minutes sur le souffle, sur l’anxiété ou sur les ruminations) construisent l’habitude, alors que la séance longue explore plus en profondeur : corps, souffle, pensées, puis conscience ouverte.
Une progression réaliste tient en trois paliers :
- Semaines 1 et 2 : une séance de 3 minutes par jour, toujours à la même heure.
- Semaines 3 et 4 : 10 minutes, en ajoutant l’étape des pensées.
- À partir de la cinquième semaine : 20 minutes, avec la conscience ouverte.
Peu importe le créneau, pourvu qu’il soit fixe : le matin avant les écrans fonctionne bien. Dix minutes régulières valent mieux qu’une longue séance isolée. Si vous sautez un jour, reprenez le lendemain sans compensation.
Comment Christophe André définit-il la pleine conscience ?
Pour lui, la pleine conscience consiste à porter son attention sur l’instant présent, délibérément et sans jugement, en observant sensations, pensées et émotions tels qu’ils se présentent. On ne cherche ni à les changer ni à les fuir.
Deux pratiques se complètent. La pratique formelle correspond à la séance assise dédiée, comme celle décrite plus haut. La pratique informelle consiste à y recourir dans la vie courante : boire un café, marcher, écouter quelqu’un, en y étant pleinement.
Peut-on faire confiance à Christophe André pour apprendre à méditer ?
Son parcours plaide pour lui. Il est psychiatre et exerce à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris. Il a contribué à faire connaître la méditation de pleine conscience en France, dans une approche laïque, sans référence religieuse, accessible aux débutants.
Son livre Méditer, jour après jour, qui propose 40 exercices progressifs, a dépassé 150 000 lecteurs, et plusieurs de ses séances guidées totalisent des millions de vues. Sa démarche s’inscrit dans la lignée du programme MBSR de réduction du stress par la pleine conscience, enseigné aussi par des centres spécialisés. Vous pouvez donc l’utiliser comme guide sans craindre de dérive ésotérique.


